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« Leur prouver qu’ils ne sont pas tout seuls »

28/04/2020 | "Leur prouver qu'ils ne sont pas tout seuls"

En Essonne, certains ménages de Solidarités Nouvelles pour le Logement sont en logements durables. Ils n’ont pas d’accompagnement régulier comme les autres locataires en logement passerelle. C’est pourquoi SNL Essonne a chargé Zoé Lhomme, employée en service civique dans l’association, de maintenir le lien avec ces locataires. Merci pour son témoignage et l’implication qu’elle met à remplir sa mission.

 Quelle a été votre mission depuis le début du confinement ?

Ma mission consiste à prendre des nouvelles des locataires en logement durable, qui sont environ 100 et tous les 10-15 jours des bénévoles coordinateurs de Groupes Locaux de Solidarité, environ 60.

Au début, j’appelais autant de locataires que de bénévoles. Ensuite, lorsqu’un problème récurrent remontait des bénévoles, je vérifiais simplement si le travailleur social, avec qui ils sont habituellement en lien, était déjà au courant.

Je me suis préparée une trame avec des questions à poser pour les locataires et les bénévoles au préalable pour que ce soit plus facile pour moi, pour savoir quelles questions poser. Ensuite, si les locataires ont un problème avec leur loyer ou leur logement, je prends directement leurs coordonnées et leurs problèmes et je relaie aux travailleurs sociaux, car ils n’ont pas forcément les coordonnées des professionnels. Par la suite, les professionnels prennent contact avec les locataires.

Comment êtes-vous reçue par les locataires ?

Je suis toujours très bien reçue par les locataires. Comme tout le monde, certains locataires sont plus bavards que d’autres. Ils en profitent également pour parler de leur logement et s’il y a un problème. Quoi qu’il en soit, ils me remercient à la fin de la conversation. Ils sont réellement contents que SNL Essonne pense à eux surtout dans un moment comme celui-ci qui n’est pas facile et qui est nouveau pour tout le monde.

J’ai eu de supers bons retours par mon directeur. Il me disait que lorsque les bénévoles l’appelaient, ils parlaient souvent de mes appels. De même lorsque les locataires de logements durables appelaient SNL Essonne.

Cela se sentait au téléphone qu’ils étaient contents que SNL Essonne les appelle, cela les a même un peu surpris car ils ne s’y attendaient pas. Je pense, que c’était bien pour eux, mais également pour moi de pouvoir parler avec des personnes, ça fait toujours plaisir. (Rires)

Pourquoi ce lien est-il utile ?

Ce lien leur prouve qu’ils ne sont pas tout seuls et que même s’ils sont en logements durables, ils font tout de même partie de SNL.

Lors de nos appels, on parle certes du coronavirus, du confinement… mais on parle également d’autres choses. Je leur demande s’ils ont une cour à l’extérieur pour pouvoir profiter un petit peu du soleil. On parle de tout et de rien, cela leur permet de se changer les idées.

Je les rassure en leur affirmant que malgré le confinement, l’association continue son activité. Je leur dis qu’ils ne doivent pas hésiter à appeler s’il y a quoi que ce soit et qu’ils ne sont pas seuls. Ils ont également mon numéro de téléphone et je leur précise que s’ils n’arrivent pas à joindre SNL, ils peuvent m’appeler moi pour que je relaye l’information. Cela doit les rassurer de savoir qu’ils peuvent m’appeler sur mon numéro personnel en cas de besoin, comme de savoir que SNL est présent malgré cela. Je n’ai pas eu de retour sur cela précisément, mais je pense que cela peut les aider.

Est-ce qu’un entretien avec un locataire, une situation d’isolement vous a particulièrement marqué ?

Il n’y a pas forcément un entretien avec un locataire qui m’a marqué. Mais les locataires qui sont malades depuis longtemps, (autre que le coronavirus, je n’ai eu pas eu de locataire qui l’avait) c’est compliqué. Ils m’expliquent que leurs rendez-vous médicaux sont généralement repoussés. Ils ont du mal à avoir leur traitement parce qu’ils évitent de sortir. Alors ils s’arrangent avec leur médecin, leur pharmacien qui leur laissent les traitements dans les boites aux lettres. Ils arrivent à se débrouiller.

Normalement, les locataires en logement durable, je ne les appelle qu’une seule fois pour savoir si tout se passe bien. S’ils ont un problème ils me rappellent. Mais il y a une dame qui attendait le retour de sa prise de sang, pour savoir s’il elle n’était plus malade ou si cela pouvait attendre la fin du confinement. Je l’ai rappelée pour savoir si elle avait eu des retours, car cela m’avait un petit peu inquiété personnellement. Lors de notre second appel, elle m’a informée que sa prise de sang était bonne, que tout se passait bien et qu’elle allait mieux. Cela nous a rassuré autant elle que moi (Rires) !

J’essaye toujours de demander aux personnes qui sont malades ou qui ont parfois du mal avec les traitements ou avec les rendez-vous, s’ils ont de la famille ou des voisins à côté. Pour savoir, s’ils prennent de leurs nouvelles ou bien qui les aide pour aller faire les courses ou aller à la pharmacie. Généralement, les voisins sont très présents pour les personnes malades ou faibles.

J’ai pu remarquer un grand élan de solidarité entre voisins. Ils s’aident : lorsque l’un va faire les courses, il prend les courses pour d’autres voisins. Ou alors pour la cour, ils essayent de faire chacun leur tour pour pouvoir aller dehors tranquillement et sans risque. C’est positif et rassurant pour les locataires mais également pour nous de savoir que les locataires peuvent compter sur leurs voisins. C’est dommage de découvrir cette solidarité à ce moment-là, mais j’espère que celle-ci continuera après le confinement.

Pensez-vous que cette mission va perdurer après le confinement ?

On a fait un point avec mon directeur, ma tutrice et deux collègues, sur les appels vers ces locataires en logement durable. Nous avons remarqué que ces appels sont bénéfiques et que cela nous a permis de garder ou même de renouer contact avec des locataires en durable. Ce n’est pas à moi de prendre la décision, je pense (Rires). Si je devais donner mon avis, je pense que cela serait bien de les appeler, pas tous les mois, mais peut-être plusieurs fois par an. Pour savoir si tout se passe bien dans leur logement, pour eux, s’ils n’ont besoin de rien.

Comme on a pu le voir pendant le confinement, cela a été très bénéfique. Ils ont été super contents de m’avoir au téléphone.

C’est assez surprenant et intéressant de pouvoir parler avec différentes personnes qui n’ont pas forcément les mêmes problèmes et qui ne voient pas le confinement de la même manière. Certaines personnes ne supportent pas d’être chez eux et pour d’autres cela ne les change pas de leur quotidien.

C’est une très belle expérience d’avoir mis en place cela, et c’est bénéfique je pense autant pour les bénévoles, les locataires que pour SNL.