J'ai laissé passer les pluies et les brouillards de ces derniers mois et la curiosité m'a poussé à aller revoir le chantier rue Stéphanie Nallet. On accède par une allée discrète à cette propriété du siècle dernier.
Sur la façade orientée au soleil levant, une armure d’échafaudage pour projeter une peau neuve à la chaux de couleur claire. On se retrouve les pieds dans la glaise, la maison étant construite sur une colline lumineuse, au-dessous la vallée, où coule la rivière l’Yerres. D’ailleurs l’architecte a pris soin que cette lourde maison bourgeoise ne s’ouvre en deux et s’effondre, car quatre forts chainages la traverse de part en part, d’est en ouest. Pour fortifier cette stabilité, des doubles piliers de fer, comme une cage d’ascenseur, donnent une colonne vertébrale à l’envers du bâtiment en son milieu. On avance, et à l’arrière, sur la gauche les anciennes écuries s’ouvrent sur la cour.
Au fond, un long bâtiment de bois neuf aux allures de résidence normande égaie et limite cet espace. Plusieurs nationalités et corps de bâtiment se croisent dans ce chantier de rénovation/construction. En caressant un enduit ou une fenêtre neuve de bois à l’ancienne, on sent la fierté du beau travail fini. C’est un lourd travail physique et méticuleux, des poutres, du bois, de la brique, du ciment, du béton, de la chaux, des câbles, des cloisons, du carrelage. Et tout cela doit s’accorder.
On quitte les plans, le bruit, la poussière : cet assemblage s’organise. A Brunoy, cette ancienne demeure va retrouver un autre style remarquable. Alors pourront s’ouvrir ces logements attendus et accueillir les nouveaux locataires.
Olivier PITRA, bénévole GLS de Brunoy